• Prier Jésus

    Prier Jésus

    "Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra."

  • Prier Marie

    Prier Marie

    "Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher ."

  • Prier Dieu le Père

    Prier Dieu le Père

    Pater noster, qui es in caelis sanctificetur nomen tuum adveniat regnum tuum fiat voluntas tua sicut in caelo et in terra.

  • Prier l'Esprit Saint

    Prier l'Esprit Saint

    "Qui es-tu, douce lumière, qui me remplis et illumines la ténèbre de mon cœur ?" Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix

  • Prier avec l'Eglise

    Prier avec l'Eglise

    "Prier, c'est frapper par le désir à la porte de Celui que nous prions."

  • Comment Prier?

    Comment Prier?

    "Que notre prière soit entendue dépend, non de la quantité des paroles, mais de la ferveur de nos âmes " Saint Jean Chrysostome

« Faites, Seigneur, que nous combattions le bon combat » de saint Basile de Césarée

Seigneur, que nous combattions le bon combat - Prières catholiques
« Seigneur tout-puissant, qui avez créé toutes choses selon votre Sagesse ; dans votre Providence ineffable et votre grande Bonté, Vous nous avez accordé ces saints jours pour que nous puissions purifier nos âmes et nos corps, nous tenir écartés des passions et espérer la Résurrection. À Votre serviteur Moïse, Vous avez donné après quarante jours les tables de la loi écrites de Votre main divine. Faites, Seigneur, que nous combattions le bon combat et parvenions jusqu'au bout de l'exercice du Carême. Puissions-nous conserver intacte notre foi, anéantir nos ennemis invisibles et être vainqueurs de nos péchés, pour venir adorer Votre sainte Résurrection ! Car votre Nom sublime est béni et glorifié, Père, Fils et Saint-Esprit, maintenant, et toujours, et dans tous les siècles. Amen. » 

saint Basile de Césarée


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Prière pour le Carême de saint Ephrem

Seigneur et Maître de ma vie
L'esprit d'oisiveté, de découragement, de domination et de paroles faciles
Eloigne de moi.

L'esprit de pureté, d'humilité, de patience et de charité
Donne à ton serviteur.

Oui Seigneur et Roi
Donne-moi de voir mes fautes
Et de ne point juger mon frère

Car Tu es béni dans les siècles des siècles.
Amen


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Prière de Carême de Saint Anselme

Seigneur mon Dieu, donne à mon cœur de te désirer ; en te désirant, de te chercher ; en te cherchant, de te trouver ; en te trouvant, de t’aimer ; et en t’aimant, de racheter mes fautes ; et une fois rachetées, de ne plus les commettre.

Seigneur mon Dieu, donne à mon cœur la pénitence, à mon esprit le repentir, à mes yeux la source des larmes, et à mes mains la largesse de l’aumône.

Toi qui es mon Roi, éteins en moi les désirs de la chair, et allume le feu de ton amour. Toi qui es mon Rédempteur, chasse de moi l’esprit d’orgueil, et que ta bienveillance m’accorde l’esprit de ton humilité. Toi qui es mon Sauveur, écarte de moi la fureur de la colère, et que ta bonté me concède le bouclier de la patience.

Toi qui es mon Créateur, déracine de mon âme la rancœur, pour y répandre la douceur d’esprit. Donne-moi, Père très bon, une foi solide, une espérance assurée et une charité sans faille.

Toi qui me conduis, écarte de moi la vanité de l’âme, l’inconstance de l’esprit, l’égarement du cœur, les flatteries de la bouche, la fierté du regard.

Ô Dieu de miséricorde, je te le demande par ton Fils bien-aimé, donne-moi de vivre la miséricorde, l’application à la piété, la compassion avec les affligés, et le partage avec les pauvres.

Saint Anselme (1033-1109), Oratio X


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Les Sept Paroles de Jésus en Croix par Saint Bonaventure

Première Parole.

Jésus en croix avec MarieJésus, hostie, sacrifice, bienfait et grâce de salut; Jésus, confiance assurée, refuge inébranlable : pour racheter le genre humain de sa captivité, pour anéantir les crimes dont nous étions coupables, pour nous unir à Dieu et nous combler de ses dons, vous n'avez point refusé de souffrir les chaînes, les fouets, les meurtrissures. Vous avez accepté la croix et ses ignominies, ses tourments et ses plaies. Et alors qu'elle vous recevait, alors que vos ennemis frémissaient contre vous, que le marteau frappait et que les clous déchiraient votre chair, que la douleur se faisait sentir plus atroce, que votre sang adorable coulait en abondance, que la souffrance vous oppressait et que votre angoisse s'aggravait, vous avez supplié votre Père de pardonner à vos ennemis, à ceux qui vous attachaient; vous l'avez conjuré en faveur de leur ignorance, et vous lui avez dit : Mon Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font (1),
1 Luc., 23.

Prière.

O douce patience ! ô mansuétude ineffable, clémence infinie, bénignité sans limites ! Comme une brebis pleine de douceur, vous ne laissez échapper aucune plainte; comme une mère pleine de tendresse, vous excusez l'injure dont on vous couvre ; comme l'âme dont la bouté est inépuisable, vous gardez toute votre bienveillance; comme celui dont la volonté est d'une tendresse sans bornes, vous ne mettez en avant que la miséricorde. L'espérance de nos coeurs se tourne vers vous ; vers vous montent nos soupirs, vers vous coulent nos larmes, vers vous s'élèvent nos désirs, et nous crions avec confiance : Seigneur, daignez nous pardonner.

Seconde Parole.

Jésus, auteur de tout pardon, consolation de ceux qui pleurent ; Jésus, gloire de notre repentir, espoir des pénitents : alors que, suspendu sur la croix, vous étiez associé au supplice de deux scélérats, l'un d'eux s'élevait contre vous, vous blasphémait injurieusement, et vous disait (1) : « Si tu es le Fils de Dieu, sauve-toi et nous sauve en même temps ; exerce à ton égard la puissance que tu montras en sauvant les autres. » L'autre le reprenait, lui montrait sa folie, se déclarait coupable et vous suppliait en disant : « Souvenez-vous de moi lorsque vous serez parvenu en votre royaume, en ce royaume plein de douceur, lorsque vous vous montrerez roi. »Et vous, Seigneur, qui aimez le repentir et y attirez les coeurs par votre grâce, vous ne vous êtes point contenté de lui promettre un souvenir, mais vous l'avez assuré de votre gloire, et vous lui avez dit : « Oui, je vous le promets, vous serez avec moi dans la gloire. »
1 Luc., 23. — Id., id.

Prière.

O charité empressée de mon Dieu! miséricorde diligente, libéralité sans retard, munificence vraiment prompte, c'est vers vous que s'élance notre ferveur, vers vous que se, tourne notre pensée, devant vous que nous confessons nos fautes et que nous ouvrons le fond de nos coeurs.
Nous vous supplions avec confiance, vous qui, seul, êtes sans péché et pur de tout crime, et nous vous disons : Souvenez-vous de nous, Seigneur , dans votre patience.

Troisième Parole.

Jésus , lumière éclatante, Roi de gloire, Fils de Dieu et Fils de l'homme; Jésus, fleur de la pureté virginale, Fils de la Vierge Marie; cette Vierge très-sainte, cette Vierge accablée d'amertumes, cette Mère pleine d'amour et brisée par tant de douleurs, votre Mère bien-aimée, qui entoura votre enfance de soins si diligents, se tenait inondée de ses larmes et anéantie par ses sanglots au pied de votre croix, vous y voyait suspendu, contemplait vos tourments, et, dans l'excès de son affliction, elle semblait prête à défaillir. Mais vous, Seigneur,vous avez abaissé un regard sur cette Mère dans les pleurs, en proie à l'amertume, votre Mère vénérable, digne de la suprême béatitude; vous avez considéré votre Disciple bien-aimé, ce Disciple si digne de votre amour, Jean, le serviteur fidèle de Dieu, l'homme dont la vie est demeurée sans tache, et votre parole s'est adressée, pleine de douceur et avec un accent prophétique, à Marie et à Jean; vous avez recommandé tendrement votre Mère au Disciple, et vous avec dit :Femme voilà votre Fils ; et ensuite au Disciple : Voilà votre Mère (1).
1 Joan., 19.

Prière.

Oh ! quel changement ! quel partage inégal l quelle désolation! quelle tristesse profonde pour une mère, alors que pour soutien c'est le Disciple qui lui est donné à la place du Maître, alors qu'au lieu de Dieu c'est un homme qui devient son appui ; qu'au lieu du loi, c'est un simple serviteur qui demeure à Marie ! Et moi aussi, ô Jésus ! je me recommande humblement à votre grâce, et je m'abandonne pour toujours à votre providence, afin qu'aidé des prières que la Vierge vous adressera pour moi avec amour, je puisse être en tout temps à l'abri des orages du péché.

Quatrième Parole.

Jésus, vertu, sagesse du Père incréé ; Jésus, force et soutien de toute créature : par votre puissance admirable vous aviez multiplie les pains; avec une force non moins grande, faible enfant, vous aviez conduit l'étoile qui guidait les Mages; vous aviez rappelé les morts à la vie, vous aviez opéré des merveilles sans nombre, vous aviez guéri les malades, vous aviez tiré le monde du néant, vous aviez chassé les démons par la terreur de votre parole, vous aviez, au jardin des Olives, renversé vos ennemis par la force de cette même parole ; et voilà que vous êtes attaché à la croix pour obéir à votre Père; voilà que vous êtes, par sa volonté, en proie aux angoisses; voilà que, pour accomplir ses ordres, vous êtes enchaîné et vous souffrez comme un Criminel, et qu'il ne vous permet point de faire usage de votre puissance pour vous soustraire aux tourments. Alors, vous inclinant sous le poids des douleurs qui vous oppressent, vous faites entendre un cri, et vous dites, en pleurant, d'une voix lamentable : Eli, Eli, lamina sabachtani, c'est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné (1) ?
1 Mat., 27.

Prière.

O cri miraculeux, qui opère le salut du monde! O coeur innocent et humble! Vous pleurez les peines méritées par nos crimes; la compassion m'entraîne vers vous; je sens que vous souffrez pour moi; je me prosterne devant vous, je mêle mes pleurs aux vôtres; et ces pleurs me sont avantageux : ils me consolent, car ils seront pour moi une source de récompense et de joie éternelle.

Cinquième Parole.

Jésus, dont le souvenir est si doux et dont l'amour pénètre d'ardeur; Jésus, ma tendre confiance, vous qui êtes la nourriture qui réjouit mon âme : alors qu'étendu sur l'autel de la croix, vous accomplissiez, en vous immolant, la rédemption des hommes, le monde vous contemplait nu et dépouillé comme un objet de spectacle; la terre faisait entendre contre vous un cri de mort; vos ennemis vous lançaient leurs injures; vos proches vous fuyaient ; les clous perçaient vos membres; vos nerfs se contractaient sous l'excès de la douleur; vos plaies se gonflaient ; votre sang coulait à grands flots; votre chair devenait palpitante; vos forces s'épuisaient. Alors, Seigneur, vous avez été embrasé d'une soif dévorante, d'une soif qui languissait d'amour, d'une soif désireuse des vertus et avide de notre salut. Vous avez dit avec tendresse (1) : J'ai soif : je désire la foi chez tous les hommes, je soupire après leur salut, et je m'offre encore à de nouveaux tourments, afin de l'obtenir.
1 Joan,. 19.

Prière.

O soif vraiment salutaire qui ne demandez que notre amour! ô soif intime du coeur qui brisez nos ardeurs perverses! Faites, ô mon Dieu, que j'aie soif de vous, que je brûle de cette soif, que je fuie la soif du mal, jusqu'à ce que j'arrive à la fontaine de vie, que je m'y désaltère, que j'y sois heureux pour toujours, et, qu'entré dans la sainte patrie, j'y contemple mon Dieu à jamais.

Sixième Parole.

Jésus, notre rédempteur, sauveur de tous les hommes ; Jésus, noire amour, salut de ceux qui croient: alors que vous accomplissiez avec un zèle ardent par le mystère de la Croix l'oeuvre de notre rachat, afin d'être ainsi notre libérateur ; alors que vous vous soumettiez au supplice pour nous en arracher, consommant le sacrifice de votre chair et de votre sang, en même temps que le combat terrible qui devait mettre le sceau à notre paix ; terminant la course passagère de cette vie fugitive et achevant le grand acte de notre rédemption, au moment où l'heure de la mort approchait, où la vie vous abandonnait, où vous touchiez au terme de vos souffrances, et où tout allait se trouver conduit à sa fin, pour exprimer toutes choses en un mol vous vous écriâtes (1) : Tout est consommé ! En effet, Jésus est crucifié, l'Agneau est immolé, son sang est répandu , le prix du salut est payé, le démon est vaincu, la guerre est terminée , la sentence de condamnation est détruite et l'homme est racheté.
1 Joan., 19.

Oraison.

O bon Jésus ! bonté suprême qui êtes notre justice ; ô vrai jésus ! vérité souveraine qui êtes notre science; ô nous Jésus! charité ineffable et notre rédemption; ô saint Jésus ! sainteté sans tache et notre sanctification ; consommez en nous la grâce, consommez la justice, consommez notre conscience, consommez notre joie. 

Septième Parole.

Jésus, voie de toute droiture et porte du salut; Jésus, refuge inébranlable et protecteur de tous les hommes ; Jésus, vérité salutaire et lumière brillante des âmes ; Jésus, félicité de la vie et douceur enivrante des cœurs: alors que vous livriez les derniers combats, afin de détacher votre âme de votre corps sacré, et que vous abandonniez cette terre pour descendre aux enfers, voulant nous montrer la voie que nous devions parcourir, instruire les hommes formés d'une vile poussière, et nous faire reconnaître le défenseur en qui doivent se confier ceux que la mort environne, vous avez recommandé votre âme vénérable à votre Père très-saint et vous lui avez dit en gémissant dans un langage d'amour : Mon Père, je remets mon lime entre vos mains (1). Et ensuite, inclinant la tête, toujours attaché au gibet de la Croix, couvert île plaies cruelles, honteuses et injustes, vous avez rendu l'esprit. Mais en même temps vous imprimâtes à l'univers un tel frémissement que tous ceux qui furent témoins de vos tourments versèrent des larmes abondantes ; que les éléments se troublèrent, les rochers se fendirent, les sépulcres laissèrent aller leurs morts, la terre trembla,, le voile du temple se déchira, la lotie recula en arrière, le soleil se couvrit de ténèbres, le monde gémit, et la nature désolée s'écria : Hélas ! voici mon dernier jour, ou bien le Dieu qui m'a créée est à cette heure en proie aux souffrances.
1 Luc., 23.

Prière.

O mort digne de larmes, que toute créature a pleurée ! O mort lamentable, sur laquelle les êtres insensibles se sont désolés ! mort admirable, où les morts ont puisé la vie ; mort toute aimable, qui as exalté le courage des forts ; mort sacrée, mort glorieuse, qui as été la ruine des crimes ; mort pieuse, mort profitable, en qui nous avons trouvé des récompenses, fais que ton souvenir ne nous abandonne jamais ; qu'il excite notre âme et transperce en tout temps notre coeur; qu'il verse la lumière en nos pensées et nous dirige en toutes nos démarches ; qu'il nous délivre de nos fautes et nous accorde le bienfait de la vie céleste. Ainsi soit-il.



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Sermon de Saint Bernard pour le Carême Sur le voyageur, le mort et le crucifié.

1. Heureux ceux qui, dans ce siècle pervers, se conduisent en voyageurs et en étrangers, et se conservent purs de toutes les souillures ! « D'ailleurs ce n'est point ici qu'est notre ville permanente, nous cherchons encore celle où nous devons habiter un jour (Hebr. XIII, 14). » Abstenons-nous donc de tous ces désirs charnels, comme il convient à des voyageurs et' à des étrangers, parce qu'ils combattent contre D'esprit. En effet, tout voyageur suit la voie royale, et ne s'écarte ni à droite ni à gauche: S'il aperçoit sur son chemin des hommes qui se querellent, il ne fait point attention à eux , s'il en voit d'autres qui se marient, 'qui se livrent air plaisir de la danse, ou qui font autre chose de semblable; il n'en continue. pas moins sa route; il est voyageur et tout cela ne l'intéressepoint. Il soupire après la patrie, il y tend de toutes ses forces. Qu'il ait seulement du pain et des vêtements, il ne veut pas se charger d'autres choses. Il est bien heureux celui qui? reconnaît ainsi, et déploré de la sorte son exil, en disant au Seigneur: « Je suis sous vos yeux, comme un étranger et un voyageur, tel qu'ont été nos pères (Psal. XXXVIII, 17). » Il est bien haut déjà celui qui se trouve dans ces dispositions, mais peut-être est-il possible de monter plus haut encore. En effet, si le voyageur ne se mêle pas à ses concitoyens, il éprouve pourtant quelque plaisir à voir ce qui se passé parmi eux, à en entendre le récit de la bouche dés autres, et à parler lui-même de ce qu'il a vu ; or, ce plaisir-là et tous les plaisirs semblables, s'ils, ne le captivent point tout à fait, cependant le retiennent un peu et retardent sa marche, attendu que pensant moins à sa patrie, il en est moins pressé d'y arriver. Et même, il peut arriver qu'il trouve à tout cela tant de plaisir, que, non-seulement il en soit un peu retardé dans sa course, et coure risque d'arriver moins vite, mais encore s'en trouve si bien captivé, qu'il ne puisse même plus du tout gagner la patrie.



2. Qui donc peut être encore plus étranger à ce qui se passe dans le monde qu'un voyageur? Ce sont sans doute ceux à qui l'Apôtre s'adressait en ces termes : « Pour vous, vous êtes morts au monde, et votre vie est cachée en Dieu avec Jésus-Christ (Coloss. III, 3). » Il est certain qu'un voyageur peut facilement se trouver retenu ou attardé, en cherchant ou en prenant sur ses épaules, un peu plus de bagages qu'il ne faut : un mort, an contraire, ne s'aperçoit même point qu'il manque de sépulture. Pour lui, le blâme ou la louange, les compliments flatteurs ou les paroles dénigrantes, il entend tout de la même oreille, ou plutôt il n'entend rien, puisqu'il est mort. O mort mille fois heureuse que celle qui nous conserve ainsi sans tache, ou plutôt qui nous rend si complètement étrangers à ce monde. Mais il faut que Jésus-Christ, vive en celui qui ne vit plus en soi; selon ce que disait l'Apôtre : « Or je vis à présent, ou plutôt ce n'est plus moi qui vit; mais c'est Jésus-Christ qui vit en moi (Gal. II, 20). » C'est comme s'il avait dit : Pour tout le reste je suis mort, je ne sens plus rien, je ne remarque plus rien, je ne me mets plus en peine de rien; mais pour tout ce qui est de Jésus-Christ, je me trouve plein de vie, et tout disposé, car si je ne puis faire plus, tout au moins je sens ce qui le touche, j'aime à voir ce qui se fait en son honneur, et j'éprouve de la peine à la vue de ce qui se faite autrement. Ce degré-là est tout à fait élevé.

3. Mais peut-être est-il possible d'en voir un qui le soit plus encore. Mais où le chercherons-nous? Où pourrons-nous le chercher, dites-moi, sinon dans celui dont je parlais tout à l'heure, et qui fut transporté jusqu'au troisième ciel ? Qui nous empêche, en effet, d'entendre par ce troisième ciel, le degré que nous pourrons trouver plus haut que,, les deux dont j'ai parlé. Eh bien, entendez-le donc, non pas se glorifier de cette hauteur où il s'est élevé, mais dire seulement : « Pour moi, à Dieu ne plaise que je me glorifie en autre chose qu'en la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme j je le suis moi-même au monde (Gal. VI, 14). » Remarquez, il n'est pas seulement mort, mais il est crucifié au monde; c'est-à-dire, mort au monde d'une mort ignominieuse. Aussi suis-je crucifié pour lui, et lui pour moi. Tout ce que le monde aime, les plaisirs de la chair, les honneurs, les richesses et les vaines louanges des hommes, tout est une croix pour moi. Au contraire, tout ce que le monde regarde. comme une croix, c'est à cela que je m'attache, à cela que je suis cloué, c'est cela que j'embrasse de toutes mes forces. Ce degré ne vous semble-t-il point plus élevé que le second et le premier degré ? Le voyageur, s'il est sage, et s'il n'oublie point qu'il est en exil, passe, bien qu'en se fatiguant beaucoup, et ne se mêlant guère aux choses du siècle. Le mort tient pour égaux à ses yeux les peines et les plaisirs du monde. Quant à celui qui; est ravi jusqu'au troisième ciel, il voit une croix dans tout ce qui captive le monde, tandis qu'il embrasse tout ce qui semble une croix au monde. On pourrait encore entendre ces paroles de l'Apôtre d'une autre: manière, en ce sens que le monde était crucifié pour lui à cause de ce qu'il souffrait par compassion pour le monde. En effet, il voyait le monde attaché à la croix par les liens de ses vices, et lui, il était crucifié pour le monde par les sentiments de compassion qu'il ressentait pour le monde.

4. Que chacun de nous examine maintenant à quel degré il se trouve, et efforçons-nous de faire tous les jours de nouveaux progrès, car ce n'est qu'en nous avançant de vertu en vertu que nous verrons le Dieu des dieux, dans la céleste Sion (Psal. LXXXIII, 8). Mais c'est surtout pendant ce temps que nous devons nous appliquer à vivre en toute pureté, pendant ce saint temps, dis-je, où il a été accordé un nombre de jours certains mais courts, à la fragilité humaine, pour qu'elle ne désespère point. Car s'il nous est dit en tout temps : veillez à mener une vie toute de pureté, qui ne désespérerait point d'y réussir? Or, nous sommes invités à cette époque de courte durée à réparer les négligences du reste de l'année, et à vivre de manière que, le reste du temps, on voie briller, dans notre conduite, des traces de cette sainte quarantaine. Efforçons-nous donc, mes frères, de passer ce saint temps dans les exercices d'une entière piété, et de travailler, en ce moment, à remettre en état nos armes spirituelles. En effet, à cette époque de l'année, il semble que l'univers entier marche en bataille rangée, contre le diable, sous la conduite du Sauveur. Heureux ceux qui auront vaillamment combattu sous un tel chef. Tout le reste de l'année, il n'y a que la maison du Roi qui soit sous les armes et; se tienne prête à la lutte. Une fois seulement par an, à un temps marqué, tout son empire se lève et forme une armée générale. Vous êtes bien heureux, vous qui avez mérité d'être de sa maison, et à,qui l'Apôtre a dit : « Vous n'êtes plus des étrangers qui soient hors; de leur pays et de leur maison; mais vous êtes les concitoyens des saints, les domestiques de la maison de Dieu (Ephes., II, 9)» Que doivent donc faire ceux qui, toute l'année, sont sous les armes, pour livrer bataille, quand ceux qui n'ont aucune expérience du métier de la guerre et qui s'en trouvent éloignés tout le reste du temps, prennent eux-mêmes les armes spirituelles ? Certainement ils doivent combattre avec plus d'ardeur que d'habitude, afin que la victoire soit plus complète et contribue d'autant plus à notre salut, qu'elle ajoute davantage à la gloire de notre Roi.

source: Septième sermon de Saint Bernard pour le Carême Sermons pour le Temps du Carême Tome III


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Le chant des Impropères - Vendredi Saint

Les impropères sont un chant d'inspiration biblique qui accompagne la vénération de la croix au cours de la célébration liturgique du Vendredi Saint. Il exprime les reproches du Christ à son peuple. (Psaume 30)



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Litanies du Christ souffrant

Voici des litanies écrites au VIe siècle par saint Grégoire le Grand. Pour accompagner le Christ dans sa passion.

Il reçut des soufflets sans nombre de la part de ses insulteurs.
Lui qui chaque jour arrache de la main du vieil ennemi les âmes captives.

Il ne détourna point son visage des crachats de la perfidie,
Lui qui lave les âmes dans l'eau salutaire.

Il accepta sans mot dire la flagellation,
Lui qui par son intercession nous délivre des supplices sans fin.

Il endura les mauvais traitements,
Lui qui veut bien nous faire participer parmi les choeurs des anges, à la gloire éternelle.

Il ne se refusa point au couronnement d'épines,
Lui qui nous sauve des blessures du péché.

Il accepta dans sa soif l'amertume du fiel,
Lui qui se prépare à nous enivrer d'éternelles délices.

Il a gardé le silence sous l'outrage de l'adoration dérisoire des bourreaux,
Lui qui a pour nous supplié son Père, bien qu'il fût son égal par la divinité.

Il en est venu à subir la mort, Lui qui était la Vie,
Et qui était venu l'apporter aux morts.


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Le Carême c'est quoi

Qu'est-ce que le Carême ?

Carême (du latin quadragesima "le quarantième" avant Pâques, ce temps durant quarante jours). 
Le Carême est un temps de pénitence et de conversion, qui s'ouvre avec le mercredi des Cendres et culmine dans la semaine qui précède Pâques, la semaine sainte. 
Celle-ci commence avec le dimanche des Rameaux (célébration de l'entrée solennelle du Christ à Jérusalem), et inclut le jeudi saint (célébration de l'institution de l'eucharistie par le Christ), le vendredi saint (célébration de la Passion du Christ et de sa mort sur la croix) et s'achève avec la veillée pascale, pendant la nuit du samedi saint au dimanche de Pâques (jour par excellence du baptême et de l'eucharistie).

Le Carême pour quoi faire ?

Le Carême n'est pas seulement un temps de sacrifice ou de pénitence, c'est avant tout une invitation à nous concentrer sur l'essentiel : Jésus-Christ. 
Mais garder ses yeux sur Lui, le suivre et l'imiter, est exigeant. Cela demande de choisir entre la vie d'amour que proposent le Christ et nos petits égoïsmes; 
Le Carême est un temps pour revenir à l'essentiel et considérer le superflu et l'accessoire à leur juste place. 
Faire pénitence c'est se détacher de ce qui nous retient, s'ouvrir aux autres, se convertir au Christ pour accéder à la vraie liberté d'aimer comme Lui nous a aimés jusqu'à donner sa vie.

L'Église nous accompagne

Du mercredi des Cendres, qui nous rappelle que notre vie sur terre n'est qu'un passage, à la nuit de Pâques qui nous montre que l'Éternité nous attend, 
il y a quarante jours de préparation. Pour atteindre ce nombre symbolique, il faut enlever les cinq dimanches du Carême ainsi que le dimanche des Rameaux, 
qui ne sont pas des jours de pénitence. En effet, même pendant le Carême, nous sommes invités, le dimanche, à célébrer la Résurrection du Seigneur. 
À travers la messe de chacun de ces jours de Carême, l'Église nous donne un nouvel élan pour profiter pleinement de ce temps de carême. 

Entrons dans ce temps de carême en prenant très au sérieux l'invitation du prêtre qui nous impose les cendres : ''Convertissez-vous et croyez à l'Evangile !"



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